« Je sors les oeuvres de leur cadre »

« Mon travail consiste à aller dans les musées locaux puis à coller les oeuvres dans les quartiers populaires », résume Julien de Casabianca. L’artiste a inauguré, jeudi 12 octobre à Paris, un collage monumental réalisé à partir d’un tableau du peintre Louis Béroud provenant du Musée Carnavalet.

Il parcourt les musées du monde entier pour y photographier des personnages qu’il reproduit sur les murs des villes. Pour son projet « Outings », Julien de Casabianca s’est rendu en Serbie, à Istanbul, Hong-Kong… mais c’est la première fois qu’il réalise un format monumental à Paris. « Cette fois-ci, j’ai collaboré avec le Musée Carnavalet de Paris et des jeunes de la Fondation Jeunesse Feu vert (spécialisée dans l’insertion sociale des plus jeunes), explique l’artiste. Une dizaine de jeunes filles de 14 ans ont choisi trois personnages dans les collections du Musée. »

Leur choix a été soumis au vote des habitants du XIXème arrondissement, interrogés à la sortie des écoles, dans les conseils de quartiers et dans les rues sous forme de micro-trottoirs. 700 personnes au total ont voté pour la figure d’un visiteur de l’Exposition universelle de 1889, extraite d’une peinture de Louis Béroud intitulée « Le dôme central de la galerie des machines à l’Exposition universelle de Paris de 1889« .

« C’est la force des personnages »

Julien de Casabianca entouré des jeunes filles de la Fondation Jeunesse Feu vert

« Les gens ont voté sans savoir précisément de quelle oeuvre le portrait était tiré », souligne Julien de Casabianca. C’est généralement le cas dans les collages que je réalise. Ce qui importe, c’est la force des personnages qui sont extraits du système carcéral qu’est le musée, avec ses cadres, ses alarmes, ses attaches. Ce n’est pas une démarche militante de ma part car, depuis toujours, les musées font sortir les oeuvres de leurs murs. Elles font partie du patrimoine commun. Moi, je ne fais que rejoindre le vocabulaire du street art contemporain avec la peinture classique. »

Exceptionnellement, un cartel est mis en place pour préciser le contexte de l’installation et permettre aux passants d’identifier l’oeuvre car « une médiation est prévue dans les écoles autour du projet ».

L’idée d »Outings » est née en 2014 lors d’une visite au Louvre. Le portrait de « Mademoiselle Caroline Rivière« , signé Jean-Auguste-Dominique Ingres, retient l’attention de Julien de Casabianca. L’adolescente et son boa inspirent au photographe « une espèce de pulsion. Alors comme un prince charmant, j’ai eu envie de libérer ma princesse, explique-t-il à l’AFP. Au départ, je l’ai fait de manière ludique et c’est en le faisant que j’ai découvert la force du geste. »

L’installation est visible sur le mur pignon du 34, rue Mathis, dans le XIXème arrondissement de Paris.

 

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