A Aurillac, « faites l’amour pas la guerre »

Du 23 au 26 août 2017, Aurillac dans le Cantal va vivre au rythme du festival de théâtre de rue. La 32ème édition a été baptisée « année 69 ».

« C’est une divagation, un état d’esprit que nous avons voulu célébrer dans un contexte où le monde est hyper-tendu au niveau national comme à l’international. On a envie de dire aux gens « faites l’amour, pas la guerre », explique Jean-Marie Songy, directeur du Festival au journal Paris-Normandie.

Dix-huit compagnies officielles ont été invitées. De nombreux spectacles vont faire allusion au rapport avec notre corps et à notre perception de certains codes. Dans « Dévêtu(e) », la compagnie Thé à la Rue invite le spectateur en peignoir à s’interroger sur son rapport au corps dans une ambiance entre thalasso et fête foraine. Il pourra déambuler librement, ouvrir les portes, regarder dans les boîtes et profiter de toutes les attractions.

Cannibalisme social

La compagnie Cirkatomik organisera pour sa part « Le Défilé de Mode des Petites Coutures ». La collection du défilé compte plus de trente robes dont 4 conçues et réalisées lors de séances de confection menées avec les habitants d’Aurillac avec toutes sortes d’éléments – verre, pneus, ustensiles de cuisine, végétaux… « Ici, nous voulons affirmer la force de l’invention populaire et sa capacité à inspirer les grands couturiers de ce monde. La rue est une source d’inspiration infinie et il semble qu’avec cette proposition nous touchions à l’essentiel d’une exhibition naturelle instaurée par le désir de plaire…« , expliquent les comédiens

Le Plus Grand Défilé des Petites Coutures from Cirkatomik on Vimeo.

Le corps sera aussi au menu de « la Recette des corps perdus ». Les spectateurs cannibales seront invités à « dévorer » membres et organes des acteurs de la compagnie Ilotopie, qui proposeront la meilleure partie d’eux-mêmes. « Avec ce spectacle, une sorte de consommé d’acteurs, [nous explorons] le cannibalisme social, celui promu par le capitalisme compétitif et, plus archaïque, celui issu du fond de nos individualités. Ce mélange de goûts et de plaisirs que nous avons en mangeant l’autre, tout en aimant l’autre, nous inquiète, bien sûr, et nous porterons cette condition troublée dans les rues parce que c’est l’emplacement divin de la révélation. »

A travers des contrées inconnues

Comme à l’accoutumée, la programmation est conçue en prise avec l’actualité. Deux créations, notamment, évoquent les migrations. Inspirée de l’oeuvre de Lewis Carroll, « Alice on the Run » du Theater Titanic raconte ces fuites provoquées par la guerre, les persécutions politiques, sexuelles, religieuses à travers des contrées inconnues, peuplées d’étranges et curieux personnages. Les aventures d’Alice la mèneront sur une île, dans une prison, dans une gare frontalière et dans un temple de la consommation.

Le Pudding Théâtre réalise également une performance sur le problème des flux migratoires. « Géopolis, c’est l’histoire de destinées humaines prises dans la marche des mondes, transformées par un contexte politique et géopolitique de déstabilisation, par l’implosion de leur territoire, explique la troupe. Notre spectacle, c’est l’histoire de 8 hommes et femmes, une plongée dans leur passé à la fois personnel, collectif et territorial, avec les outils de la rue et du théâtre ». 

Tentative(S) de Résistance(S)

Pour la première fois, le Festival programme Marie-Do Fréval et ses « Tentative(S) de Résistance(S) ». Elle incarne 5 personnages qui se succèdent avec la même urgence : une vache, une vieille, une incarnation féminine du général de Gaulle, une Marianne de cabaret et une créature inspirée des années les plus turbulentes de la plasticienne Niki de Saint-Phalle.

« J’ai fait le choix de cette thématique pour sa pertinence et l’immédiateté de parole qu’elle provoque. En effet, dans chaque vie, il y a des moments de lutte et de résistance, moments enfouis que je voulais voir resurgir, explique la comédienne. Il m’importe de mettre en lumière cette dimension courageuse de nos vies, faire revivre ces moments forts et les partager avec les autres, mais aussi de me confronter à mes impuissances. »

En marge de la programmation officielle, plus de 600 compagnies – dont près de 60 étrangères, originaires de Belgique, du Danemark, d’Irlande, du Royaume-Uni ou encore de la Corée du Sud – se produiront dans les rues, squares et dans un parking souterrain du centre-ville. Plus de 120.000 personnes sont attendues pour cette 32e édition.

Toute la programmation du festival d’Aurillac est à voir ici.

(La photo en Une est une capture d’écran de la vidéo de la compagnie Ilotopie)

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s